VIADUC

                                                

Pour le passage de la ligne Triguères (Loiret) - Clamecy (Nièvre), la SNCF construit un viaduc à Druyes les Belles Fontaines pour expédier le bois, le grain, la pierre, les productions locales, vers les grands centres urbains dont Paris. La construction commence en 1880 et s'achève fin 1883.

Il mesure 182,57 m et comporte 12 travées de 12 m d'ouverture chacune, voûtées en plein cintre de 6 m de rayon. Au sommet, la largeur utile est de 4,52 m et celle de la chaussée -entre les bordures de trottoirs- est de 3,30m. La hauteur maximale de l'ouvrage est de 30 m. Neuf refuges et deux garde-corps assuraient la sécurité du personnel de voie. 

Les archives nous apprennent qu'il a fallu fonder les piles du viaduc beaucoup plus profondément que prévu. Les sondages annonçaient un sol rocheux solide à 2,65 m en fond de vallée et à 1,30 m sur les versants. 

Dès  le  mois  d'août 1880,  les terrassiers  rencontrent  des  roches fracturées  et  disloquées et il faudra descendre entre 7,50 m et 10,50 m pour fonder  les  piles, établies sur  du béton  de ciment  Portland  en raison de l'abondance des eaux. Le volume des déblais va passer de  717 m3  à  3500 m3 et augmenter sérieusement la facture. La  pierre  utilisée  provient  exclusivement de carrières car la pierre trouvée sur  place ne  permet pas  d'obtenir  des moellons  de  qualité    satisfaisante.   Les  travaux  sont  achevés  en décembre 1883 avec la pose d'une chappe en asphalte,  précédant  le ballastage  réalisé  à  l'économie,  en cassant  les  pierres rencontrées dans les déblais des tranchées de la voie.

Le premier train passe le 17 avril 1884 ; en 1929, certains jours, il effectue jusqu'à sept voyages. Le dernier train passe en mars 1942. Suppression de la ligne avec démontage des voies et traverses par les Allemands en 1943 pour l'extension du réseau ferroviaire allemand en Russie.

Au pied du viaduc, une station de pompage montait l'eau d'une source dite aujourd'hui source du viaduc. Celle-ci existe toujours. Par les hivers pluvieux, se forme un petit lac au pied des arches.

La pompe était mue par une machine à vapeur actionnée par un moteur alimenté au charbon, d'où la grande cheminée. Cette eau était stockée dans un grand réservoir surélevé par un socle en forme de tour pour le ravitaillement en eau des locomotives. Ce réservoir a été déposé, dans les années 50 mais le socle subsiste encore aujourd'hui, envahi par les broussailles.

L'usine élévatrice a été vendue par les Domaines au Syndicat des Eaux de Forterre. Elle est devenue propriété privée en 2003.

Aujourd'hui, du printemps à l'automne, ont lieu sur ce viaduc des sauts à l'élastique qui attirent des adeptes de toutes les régions.

PETITE HISTOIRE DU CAFE DE LA GARE

Durant la construction du viaduc, du tunnel, de la voie ferrée et des gares de voyageurs et de marchandises, Druyes les Belles Fontaines connut une activité intense et le commerce local en profita largement.

Après la mise en service des deux gares, outre les voyageurs qui prenaient le train, chaque jour, les lourds chariots de l'entreprise LAGOGUEY chargés d'énormes blocs de pierre provenant des carrières d'Aubigny (7 km) s'arrêtaient près de l'église et doublaient les attelages pour monter l'avenue de la gare. Chaque samedi, les marchands de bestiaux de la région expédiaient une trentaine de veaux. D'autres wagons étaient chargés suivant la saison de blé, de bois de chauffage ou d'écorce de chêne.
Arrivaient en gare, l'engrais, les briquettes de charbon et les pièces de vin du Midi qu'on dégustait, clandestinement au passage. Pour cela, à l'aide d'une vrille, on pratiquait dans le fond du tonneau, un petit trou qu'on bouchait ensuite avec une cheville en bois ...

Comme lieu de rencontre et pour traiter et arroser les bonnes affaires, un café s'imposait : ce fut le Café de la Gare. Sa bonne fréquentation et sa réputation se traduisirent par la création d'une fête de la gare et, en 1903, les abords furent embellis par la plantation des allées de tilleuls.

Malheureusement, quand en 1943 la voie ferrée fut démontée par les allemands, l'activité de la gare et de son café cessa !

 

 

 

saut du pont